# .OS TOMETTE.

# .OS TOMETTE.
« Tu me manques mon amour »
« Dis, tu m'aimes encore ? »
« Tu m'aimeras toujours ? »
« Te souviens-tu de notre premier baiser ? »
« Quand t'ais-je prise dans mes bras pour la dernière fois ? Hier ? J'ai pourtant l'impression que l'éternité est passée depuis cet instant »
« Tu sais de quoi j'ai envie là ? Un pot de Nutella, du soleil et tes bras »
« Tu crois que ça va aller ? J'ai peur, tu sais »

Ce soir, c'est le grand soir.
En effet, un pas conséquent allait être franchi dans ce couple parfait vieux d'à peine quelques mois. Les préparatifs allaient bon train dans la demeure hambourgeoise des Kaulitz qui était sans aucun doute une des plus connues, à tort peut-être, d'Allemagne. Simone s'affairait dans la cuisine tandis que ses deux fils préparaient la table la plus somptueuse possible. L'androgyne avait insisté auprès de sa famille pour mettre les petits plats dans les grands, il voulait à tout prix que cette soirée soit réussie et pour cela, il n'avait pas lésiné sur les moyens. Evidemment, ce rituel avait déjà eu lieu quelques fois auparavant mais ce n'était qu'une formalité et surtout, cela n'avait jamais semblé aussi important, aussi inévitable pour son bien-être qu'aujourd'hui. Des histoires sérieuses, il y en avait eu une flopée néanmoins, elles n'avaient pas été spéciales. Juste, sérieuses. Cette fois-ci, il savait. Il savait que c'était elle sans même pouvoir expliquer pourquoi. Il le sentait au plus profond de ses tripes et de son c½ur. Et c'est pour cela, pour ce sentiment spécial, pour lui prouver à quel point c'était elle et pas une autre qu'il vérifiait chaque détail avec la minutie la plus complète.

- Tom ! Je t'ai déjà dit mille fois que les couteaux devaient être à droite de l'assiette et les fourchettes à gauche ! Droite, gauche, tu comprends ?! articula longuement Bill afin d'être sûr que son frère comprenne.
- Laisse, Tom. Je vais le faire sourit-elle, prenant possession des cinq couverts pour les placer en deux en trois mouvements du bon côté de l'assiette.

« Elle », n'était autre que la future ex du jumeau aux dreads parfaites de Bill : Tom Kaulitz, premier du nom. Âgé de 19 ans lui aussi, logique me direz-vous, il était cependant un peu manchot lorsqu'il s'agissait d'être présentable et méticuleux. Pour vous donner un exemple, au moment de présenter sa copine à ses parents, il a trouvé bon de l'inviter au restaurant le plus banal de la ville : le Cat's Corner. Au menu, un pain avec de la viande et des frites au ketchup. Cependant, ils avaient tous bien rigolé et le champagne avait coulé à flot à leur retour à la maison. Aussi bien que toute la famille avait finie complètement bourrée et que les deux amoureux avaient fini dignement la nuit ... à vomir dans les toilettes. Charmant n'est-ce pas ? C'est pourquoi Bill voulait à tout prix éviter de reproduire le même massacre ce soir. Il courrait de droite à gauche sans s'arrêter pendant que le deuxième couple de la maison se bouffait des yeux et s'enlaçait sans arrêt.

- Vous pourriez m'aider non ?! Les marques d'affections ce sera pour plus tard ! s'énerva Bill devant le manque évident de coopération de la part de son frère.
- Oh, ça va hein, pète un coup et arrête de gueuler ! souffla Tom, levant les yeux au ciel.
- Les garçons, surveillez votre langage s'il vous plait cria Simone depuis les fourneaux

Bill grogna et se dirigea d'un pas énervé vers la cuisine où Simone ne ralentissait pas la cadence. Au menu d'aujourd'hui, spaghetti bolognaise. Mais attention, pas n'importe lequel, celui de la grande Simone Kaulitz !

L'heure avançait à une vitesse affolante si bien qu'aux alentours de 19h00, au moment où Bill se résigna pour la première fois de la journée à s'accorder en temps de pause aussi minimal soit-il, il n'en revenait pas de l'allure à laquelle le temps avait pu filer. Heureusement, tout était prêt en temps et en heure. La table était parfaitement dressée, la maison parfaitement rangée et parfumée. Sa chambre parfaitement préparée par ses soins. Bref, tout était parfait. Enfin, presque ; il ne manquait plus que le bouquet final ... .

- Je vais ouvrir ! sursauta Bill qui courut jusqu'à la porte d'entrée devant laquelle il s'arrêta brusquement pour se recoiffer d'un geste hâtif et remettre ses vêtements en place.

Son c½ur battait la chamade d'excitation mais d'appréhension également. Cette soirée ne pouvait pas rater, il s'en voudrait à vie et ne s'en remettrait jamais.

Ce soir, c'est le grand soir.
Et c'est pour cela que Bill afficha, sans efforts, le plus beau sourire qu'il lui ait été possible de donner à celle qui se trouvait devant lui, à l'embrasure de la porte, sur le paillasson d'entrée. Sans avoir besoin de mots, ils se sautèrent mutuellement dans les bras et s'embrassèrent doucement, sensuellement, avec tendresse, amoureusement. Tous les regards, tantôt amusés, tantôt émus étaient posés sur eux mais ils ne s'en préoccupaient pas le moins du monde, déjà enfermés dans leur bulle qu'eux seuls pouvaient construire autour de leur deux corps. Au volant de sa belle et grande voiture, son beau-père accompagné de sa mère – belle à ravir, elle aussi – poussèrent quelques coups de klaxon afin de leur faire part de leur bonheur de les voir si heureux. Bill et elle leur adressèrent un signe de main en souriant. Un tableau qui pourrait faire concurrence sérieuse au meilleur film d'amour à l'eau de rose. La voiture démarra et disparut un peu plus loin derrière les arbres d'une petite route amenant au lotissement privé où vivait Simone.

- Caroline ! Quel plaisir de te voir ! Viens, entre, ne reste pas là dehors invita Simone, le sourire radieux de voir sa progéniture accompagné d'une si belle fille.

Bill fit glisser sa main dans la sienne et l'amena dans le salon où Tom et sa petite amie étaient déjà confortablement installés. Une chance qu'ils aient interrompus leurs baisers passionnés à la seconde précédant leur entrée, Bill aurait été encore plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà.

- Hum, Caroline voici Tom mais lui tu le connais déjà, et à sa droite sa petite amie, Sam présenta brièvement Bill. Ils auraient l'occasion de faire plus ample connaissance une fois les festivités entamées jugea-t-il.
- Enchantée dit-elle, poliment, s'avançant pour leur serrer la main avant de parcourir du regard le salon au décor moderne. C'est super joli ici dit-elle dans l'oreille de son compagnon avant de lui voler un baiser.

Bill se dirigea vers le sofa disposé en face de celui de l'autre couple. Au milieu à droite, une chaise pour Simone se trouvait face à la table basse jonchée de zakouskis en tous genres. Cette dernière arriva avec une bouteille qu'elle donna à son fils ainé de dix minutes qui adorait faire « péter le champagne ». Aux anges, il s'en empara avant de la secouer et d'un seul coup fit exploser le bouchon et aspergea les hôtes du liquide mousseux. Des cris suivis de près par des rires retentirent dans toute la maison. Bill sourit à son jumeau qui lui adressa un clin d'½il complice, il était sûr de pouvoir compter sur lui pour commencer la soirée dignement. C 'était à son tour de jouer maintenant.

Les discussions allaient bon train et les blancs ne se manifestaient qu'aux rares moments où Bill et Tom se rappelaient de grands moments de leur vie trépidante de rockstar. Le silence qui s'en suivait était rempli d'émotion et de souvenirs remontant à la surface. Les jumeaux ne pouvaient s'empêcher de sourire en admirant les anges passer ce qui fit sourire les trois femmes présentes dans la pièce. Soudain, son frère se leva d'un bond et claironna joyeusement.

- Bon ! Si on passait dans la salle à manger, je crève la dalle moi !
- Bonne idée, Tom. Installez-vous, je fais cuire ... le plat.

Sur ces sages paroles, Tom, Sam et Simone sortirent de la pièce en laissant seul le petit couple dont l'invitée regardait timidement ses pieds.

- Ca te plait mon ange ? questionna Bill en espérant que Caroline relèverait la tête.
- Tout est parfait sourit-elle avant de planter dans les siens et venir capturer les lèvres de l'androgyne. Et tu es beau à mourir, comme toujours.

Bill émit un petit rire gêné et satisfait à la fois, sa tenue avait eut l'effet escompté. Sa main manucurée caressait lentement la joue de Caroline qui ferma les yeux, bercée par la sensation des mains de l'androgyne sur sa peau porcelaine. Elle sourit et ouvrit les yeux pour s'approcher une nouvelle fois de son oreille et lui murmurer des mots doux. Sa main passa derrière sa nuque afin qu'il s'approche d'elle tandis que celle de Bill glissa sur sa hanche fine pour qu'elle soit collée à lui. Ces gestes avaient déjà été répétés des centaines de fois auparavant mais jamais ils ne s'en lasseraient. Jamais ils ne se lasseraient de l'autre, de sa peau, de ses lèvres, de son sourire, de son regard posé sur leur corps, de son visage, de ses défauts qui au final, faisaient qu'ils se trouvaient parfaits l'un l'autre.
Un moment parfait pour deux êtres dont l'amour était, est et sera parfait.

Le repas se passa lui aussi sans encombre. Les rires s'élevaient sans arrêt, les verres de vin ne désemplissaient pas et les couverts tintaient au rythme de leurs allées et venues contre les assiettes qui, elles au contraire se vidaient rapidement de leur contenu. A la fin des festivités, tous arboraient un sourire de satisfaction. Absolument tout c'était magnifiquement bien déroulé. Aucune embûche, aucune encombre, pas le moindre souci n'était venu noircir ce beau tableau. Tom et Sam avaient déjà quitté la table, trop pressés par leurs hormones en feu tandis que Bill et Caroline, eux, étaient sagement assis contre le dossier de leur chaise, main dans la main en grande conversation avec Simone. Bill essayait de faire abstraction de son jumeau dont il devinait très bien les activités afin de ne pas agripper Caroline pour l'amener le plus vite dans sa chambre et lui faire l'amour toute la nuit durant. L'envie aussi c'est une histoire de jumeau. Les deux femmes de sa vie discutèrent si longtemps que Bill s'assoupit après avoir lutté contre le sommeil pendant une bonne heure. Cette journée l'avait éreinté et il n'avait plus la force de contrer sa nature de grand dormeur.

- Regarde-le, il s'est endormi tant notre conversation le passionnait plaisanta Simone en jetant un regard tendre à son fils. Au fait dit-elle en relavant la tête Je suis vraiment heureuse que ce soit une fille comme toi qu'il ait choisi, Caroline lui sourit-elle.

La blonde eu un certain de mal à répondre, abasourdie par ce compliment si naturellement exposé. Cependant, un sourire illumina son visage comblé. A défaut de mots, Caroline se leva pour serrer Simone dans ses bras et ainsi tenter de lui faire passer tous les remerciements dont elle était capable. En gage de compréhension, Simone déposa un baiser doux et maternel au sommet du crâne de la belle blonde pour ensuite monter se coucher et laisser seuls les deux amoureux.

Caroline se retourna à nouveau vers son petit ange. Il dormait. Elle le contemplait. Ses traits reposés étaient encore plus merveilleux alors qu'un petit sourire semblait se dessiner sur son visage. Son rictus s'élargissait, Caroline fronça les sourcils tout en caressant la main de Bill et sursauta.

- Bill, tu dormais pas ! cria-t-elle un peu trop fort
- Non j'attendais que nous soyons seuls rigola-t-il Juste toi et moi, le reste ne m'intéresse pas aujourd'hui.

Afin d'illustrer ses propos, Bill entrelaça ses doigts à ceux de Caroline avant de l'attirer vers lui, puis contre lui pour passer son bras derrière son dos et poser ses lèvres sur les siennes. Un frisson électrisant parcourut le corps de la blonde de la tête au pied. Cette dernière du reprendre brutalement sa respiration dans ce baiser au goût de paradis. Comment pourrait-elle être plus comblée qu'elle ne l'était à présent ? Il ne lui manquait rien. Bill était son tout et personne ne pourra l'empêcher de l'aimer comme elle l'aime. Car au fond, ils se ressemblaient sur bien des points ; même passion, même fougue, même perfectionnisme, même humour, même amour. Leurs yeux étaient clos tandis que le baiser s'éternisait. Tantôt Bill mordait affectueusement la lèvre de Caroline ce qui eut l'effet de la mettre dans tous ses états, tantôt Caroline faisait dévier ses lèvres dans le cou de l'homme à qui elle avait confié son c½ur. L'envie montait, doucement. Le désir s'accentuait, délicieusement. Mais alors que Caroline, déjà plongée dans un autre univers, passa sa main au niveau de son aine pour retracer les traits de son tatouage en forme d'étoile, Bill la stoppa net.

- Ma chérie, j'ai aussi très envie de toi mais tu ne penses pas qu'il serait mieux de monter ? J'aimerais pas qu'on nous surprenne dans un moment pareil, si tu vois ce que je veux dire

Bill appuya ses paroles d'un sourire, le plus beau que Caroline n'avait jamais eu le loisir de contempler, ainsi que d'un petit clin d'½il dont lui seul avait le secret. Un peu gênée, la blonde acquiesça sans rien dire, encore trop bouleversée par toutes ces sensations. Jamais, elle n'avait ressenti quelque chose d'aussi fort pour quelqu'un même pour celui dont elle était tombée éperdument amoureuse quelques années auparavant. Celui qui lui avait brisé le c½ur. Celui qui avait réduit en miettes ses espoirs et ses rêves de Prince Charmant. Celui qu'elle avait sottement aimé et qui avait eu la prétention de pouvoir lui faire vivre un dixième de ce qu'elle ressentait à présent. Sombre con pensa-t-elle alors qu'elle contemplait le postérieur de son ange, un sourire pervers et envieux dessinés sur ses lèvres déjà en manque du goût de l'autre. De son autre. Ce crève-c½ur, elle n'y pensait même plus tant Bill occupait l'entièreté de son esprit et de sa vie. Elle n'avait jamais osé rêvé à un tel bonheur. Et pourtant ...

Et pourtant, elle se trouvait dans les bras de celui qu'elle avait choisi. Et pourtant, son corps était parcouru d'une multitude de frissons à l'entente de sa voix mélodieuse au creux de son oreille. Et pourtant, il la serrait contre lui, aussi fort que possible. Et pourtant, c'était elle qu'il avait choisi pour partager tous ses moments de plénitude. Fallait-il croire en sa bonne étoile ? Brillait-elle là-haut pour chacun d'entre nous ? Caroline sourit en y songeant. Les étoiles, elle les avait admirées des centaines de fois, pensant que celui qui lui était destiné regardait, elle l'espérait, les mêmes au même moment. Le seul lien qu'elle pouvait établir, naïvement, entre elle et son amant. Aujourd'hui, elle n'avait cessé de les contempler, mais cette fois-ci, elles brillaient dans les yeux de celui qui parcourait son corps de ses mains expertes.

Avec douceur, il passa ses mains au creux de ses reins afin que leurs deux corps soient le plus proche possible. Aucun écart ne pouvait être toléré dans un moment pareil. Le besoin de l'autre s'accentuait un peu plus chaque jour. Chaque instant passé en sa compagnie - ou loin de lui. Peu importe, ils ne séparaient jamais vraiment - augmentait la dépendance au point de ne plus pouvoir se contrôler. Mais à quoi bon ? Pourquoi s'embrouiller l'esprit de questions inutiles ? Peut-être pour retarder le moment où tous deux se mettraient totalement à nu, aussi bien au sens propre qu'au sens figuré. Faire l'amour. Voilà une notion bien difficile à définir. Mais à quoi bon ? Pourquoi s'embrouiller l'esprit avec de pareilles futilités ? Peut-être pour retarder le moment où tous deux se raconteraient avec leurs corps, leur regard, leur toucher, leurs sens en émoi à quoi point leur sentiments les submergeaient. Un amour inébranlable, quasiment indestructible qui leur faisaient tourner la tête tant il était incommensurable. Certains les prendront pour des fous, d'autres s'attendriront face à ces deux personnes qui donnent un vrai sens au mot « amour ». Et non seulement pour montrer à la terre entière qu'ils s'étaient trouvés, ils allaient cette nuit se prouver qu'ils ne pourraient jamais autant aimer.

Lentement, Bill mis un pied devant l'autre, obligeant Caroline à se reculer vers le lit qui n'attendaient plus qu'eux. Dans ce baiser tendre et fougueux à la fois, la blonde esquissa un sourire de bonheur à la simple pensée d'être la seule pour qui le c½ur du bel androgyne battait et tant ce sentiment était réciproque. Ne dit-on pas que la plus belle chose qui soit est d'aimer et de l'être en retour ? Comme si Bill avait lu dans ses pensées, il lui susurra les plus beaux mots du monde à l'oreille ce qui provoqua chez Caroline un tournis d'émotions beaucoup trop fortes pour une personne aussi sensible qu'elle. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle intensifia le baiser pour lui montrer qu'elle aussi, elle l'aimait. Oh oui, plus que tout. Quelques secondes plus tard, elle butta contre le rebord du lit et entraina Bill dans sa chute sans qu'ils cessent pour autant leurs marques d'affection. Au contraire, la position était d'autant plus confortable ainsi. D'un geste instinctif, totalement naturel, Bill sa plaça entre les jambes de la blonde qui ne put réprimer un gémissement lorsque la grand brun, emporté par la fougue du moment, effectua des mouvements de bassin contre celui de Caroline. Celle-ci gémit légèrement dans le baiser, virant au rouge pivoine tandis que faisait glisser ses mains sous son t-shirt. Auparavant, les préliminaires avaient été leurs seuls moments de plaisirs communs, corporels. Aujourd'hui, et ils le sentaient tous deux, un cap important allait être franchir. Mais contrairement aux apparences, ils n'avaient pas peur, pas le moins du monde non.

Au fil des expériences, Bill avait appris à connaître les zones sensibles chez Caroline. C'est pourquoi, il n'hésita pas à plonger sa tête dans son cou qu'il embrassa sans plus s'arrêter. Le verbe penser n'était plus répertorié dans leur vocabulaire pour le moment. De plus, la texture des lèvres de Bill fit naitre en Caroline une multitude d'émotions plus indescriptibles les uns que les autres. La rendant d'abord folle et ensuite totalement incontrôlable. Si bien qu'elle décida de prendre les devants en poussant doucement Bill pour se placer à califourchon au-dessus de lui. La vue des jambes dénudées de la blonde eu un effet monstre sur le bel androgyne qui ne put s'empêcher de faire passer ses mains le long de celles-ci pour finalement arriver bien vite en-dessous de sa robe qui commençait à devenir encombrante. Sans le quitter des yeux, Caroline remonta le t-shirt noir de Bill et admira son tatouage en forme d'étoile sur lequel elle passa ses doigts, frôlant sa peau comme la plus délicieuse des friandises. Bill, hypnotisé par les gestes calculés et en même temps tout à fait naturels de la blonde, sentit une chaleur au creux de son ventre qu'il ne put dissimuler. Une chaleur enivrante, douce, torturante, délicieuse, paradisiaque qui fit fondre son c½ur. Caroline se pencha vers les lèvres de son petit prince qu'elle captura amoureusement faisant tantôt passer sa langue le long de celles-ci, tantôt la mêlant à la sienne. Tout en goûtant à ces sensations au goût de paradis, Caroline caressa le visage de l'homme qu'elle aimait. Ce visage parfait aux traits tout simplement irréprochables qu'elle ne se lasserait jamais d'admirer. Soudain, Bill n'en pouvant plus d'être torturé par les caresses de plus en plus insistantes de Caroline, la renversa sur le côté et l'empêcha de bouger. Son regard s'était noirci de désir ce qui coupa littéralement le souffle de la blonde emprisonnée par le charme envoutant qu'il dégageait. Cette attitude mystérieuse et terriblement excitante le rendait encore plus attirant. Ne réfléchissant plus, ils se jetèrent littéralement l'un sur l'autre. Leurs esprits déconnectés de la réalité et du monde extérieur ne pensèrent plus qu'à une chose, une seule et unique personne : l'autre. L'autre et tout ce qu'elle comportait. En partant du sommet de son crâne jusqu'à la plante de ses pieds en passant par son visage, ses yeux, son regard, son nez, ses lèvres, sa mâchoire, son cou, ses épaules, son torse, ses seins, son ventre, son aine, ses jambes et bien évidemment ce qui se trouvait entre.

Pendant un long moment, leurs corps se mêlèrent, s'emmêlèrent dans la plus belle des preuves d'amour. Ils ne comptèrent ni les heures, ni les minutes, ni les secondes que durèrent ces instants. Peu importe. Ce n'est que lorsque tous deux atteignirent le stade de l'épuisement qu'ils se couchèrent d'un même mouvement sous les draps, se réfugièrent instinctivement dans les bras de l'autre et gardèrent pendant un long moment leur sourire avant de se confier.

"Je t'aime, petit ange"
glissa-t-elle au creux de son oreille.
"Je t'aime aussi, mon ange" lui murmura-t-il en écho à ses paroles

Cela leur suffisait. Une évidence.

Baby you're all that I want
When you're lyin' here in my arms
I'm findin' it hard to believe
We're in heaven

And love is all that I need
And I found it there in your heart
It isn't too hard to see
We're in heaven

# Posté le dimanche 31 mai 2009 18:08

# Ceci n'est pas une fiction.

Review. Oasis, Forest National, 13.01.09

Il est 14h45, la sonnerie annonce la fin de ma journée de cours. Cette sonnerie qui est aujourd'hui synonyme de l'approche à grand pas du concert de ce soir. Je rassemble mes petites affaires et quitte l'école sans réellement me rendre compte que je m'en vais voir le maintenant culte « Oasis ». Ce concert était encore totalement inespéré 24 heures auparavant. Et ce qui se passa après celui-ci, carrément surréaliste. Mais revenons-en tout d'abord à ma petite personne marchant gaiement sous la pluie en direction de la salle de concert qui ne se trouve qu'à 10 minutes à pied de mon école. J'arrive devant le bâtiment qui accueillera 7.000 personnes dans quelques heures. Je rejoins Charlotte qui était déjà sur place depuis une dizaine de minutes. On se serre dans les bras, on papote de choses et d'autres et nous nous installons, toujours sous la pluie battante, aux barrières. Si on a pas de premier rang cette fois, je ne comprends pas. En effet, nous sommes les premières, tout est vide. Autant dire que ça nous change des dernières expériences devant cette même salle. Ayant un trou sous la semelle de ma Converse droite, mes pieds se transforment très vite en une masse gelée prête à se décomposer. Malgré tous mes efforts pour ne pas y penser, la douleur est trop forte d'autant plus que mes pieds sont détrempés donc impossible à réchauffer. Je décide alors d'appeler mon gentil papa pour lui demander s'il accepterait de venir au secours de sa petite fille en détresse. Je le bénis intérieurement lorsqu'il accepte de m'apporter mes bottes et des chaussettes sèches. Je bénis également le ciel et sourit à la simple pensée de la sensation de chaleur que mon changement de chaussures imminent impliquera. Les gens arrivent petit à petit (mais vraiment très petit). La « grand rush » n'arrive que vers 18h00 (ouais en gros, il y a une centaine de personnes), une partie de la Team Namuroise avec. On papote à nouveau, les pieds au chaud cette fois-ci.

18h30, les portes s'ouvrent. La sécu « vérifie » mon sac, ou pas, déchire mon ticket et Cha et moi nous dirigeons d'un pas rapide vers les portes qui nous mèneront à la fosse. Moi qui m'était jurée de laisser mes instincts de fan d'un certain groupe sur le côté (donc de ne pas me mettre à courir comme une dératée), j'accélère vivement le pas lorsque je constate que je me fais royalement dépasser par une horde de gens. Je finis ma course en un sprint final pour traverser la fosse. Je me jette contre la barrière, m' agrippe et m'y colle instinctivement. Nous voilà parties pour une heure et demi d'attente. Pendant ce temps, Cha et moi faisons quelques essais photos et vidéos afin d'être parées au moment venu. Il est aux environs de 20h00 quand les lumières s'éteignent pour la première partie d'un groupe dont je n'ai même pas retenu le nom (après m'être informée : Twisted Wheel) et qui n'avait rien de bien transcendant. L'ensemble des personnes présentes semblaient être d'accord avec moi au vu des vents monumentaux qu'ils se sont pris. Mention spéciale cependant au bassiste par lequel Cha et moi étions littéralement hypnotisées tant il jouait avec rapidité. Ils finissent leur set composé d'environ 8 chansons et s'en vont sans même dire au revoir. Boh, pas une grande perte ...

Les lumières se rallument, les techniciens désinstallent le matos de la première partie, décrochent le rideau et nous font découvrir la vraie grande scène sur laquelle jouera le groupe dans une grosse demi-heure (selon mes estimations). Je suis complètement fascinée par l'installation et partage mes sentiments avec Cha qui, elle aussi, observe attentivement la scène. « C'est quand même la classe d'être dans le staff d'Oasis ». She agrees.

Une fois les derniers réglages terminés, la scène se vide et nous sentons que le début du concert ne va plus tarder. En effet, les lumières s'éteignent pour la seconde fois, les cris retentissent, la salle s'enflamme en un mouvement commun. L'adrénaline est là et le c½ur bat à une cadence infernale. Cette sensation m'avait tellement manquée ... Le groupe arrive sur scène, les cris s'intensifient et les premiers ch½urs de la salle résonnent en même temps que la voix de Liam Gallagher sur « Rock and Roll Star ». Je ne peux réprimer un sourire de bonheur et me laisse porter par la musique. Ce concert est une découverte et la première chose à laquelle je pense est « Waw, j'ai Oasis à 2 mètres de moi » YEAH ! Bien que je ne connaissais aucune parole, je crie, je bouge, je souris. En bref, je profite de chaque moment de cette soirée que s'offre à moi. Au moment où résonnent les premiers accords du mythique Wonderwall, mon sourire s'étire encore plus : je vais enfin pouvoir chanter et prendre part une bonne fois pour toute au concert. C'est juste trop beau. Les chansons s'enchainent, les émotions avec. Notons que le chanteur se la pète d'une manière inimaginable, son frère me transporte au son magique de sa « Gretsch », le bassiste semble royalement s'emmerder, le batteur est à fond dedans, le deuxième guitariste n'attire pas vraiment mon attention mais je ne doute en aucun cas de son talent (respect quand même) et enfin le claviériste désigné par Noël comme « Gandalf from the Lord of The Rings » me fait bien rire. (Perso, je l'aurais plutôt comparé à Gimli, le nain mais bon, passons), le deuxième guitariste n'attire pas vraiment mon attention mais je ne doute en aucun cas de son talent (respect quand même). Le rappel arrive à une vitesse fulgurante « Quoi ? Déjà ?! ». Je décide alors de bien profiter à fond des dernières chansons en compagnie d'Oasis. Ca sent fortement la fin, les gens se défoulent une dernière fois, ça pousse mais on a déjà connu BIEN pire donc on se marre plutôt que de se plaindre. Le concert se termine en une apothéose finale assez grandiose de solos, de duos et d'applaudissements. Le public encourage le groupe à revenir sur scène mais malheureusement les lumières de se rallument.

La salle se vide mais nous attendons un peu pour ne pas être bousculées à la sortie tout en restant près des barrières dans l'espoir de recevoir un exemplaire de la setlist du jour, un onglet ou quelque chose en souvenir de ce merveilleux concert. Après 10 minutes, j'en ai marre d'attendre ce qui ne vient pas et rejoint les namurois au centre de la fosse. On s'extasie ensemble sur le concert et, au moment de se quitter, un gars me tapote le bras. Je me retourne et il me donne un espèce de ticket vers sur lequel « Guest » est inscrit. Il me dit une phrase dont j'ai juste pu retirer « drink » et « band » (il en donne deux autres à Marie et à Caro). Je regarde le ticket et demande, sur le cul, « Is it to meet the band ? ». Yes O_O. On y croit pas vraiment. Les Namurois s'en vont avec les deux soi-disant pass backstage. Moi je reste là en à me demander si c'est une grosse blague ou si je peux me permettre de me dire qu'il y aurait éventuellement possibilité qu'un pareil truc m'arrive, à MOI éternelle porteuse de poisse. Un autre type m'interpelle « Did you receive Guest Tickets ? » J'hoche la tête. “Okay, stay here and wait. Someone's gonna drive you in the backstage” (ou quelque chose qui ressemblait à ça). Je ne peux que ouvrir en bouche et halluciner. Soudain, je me rends compte que Cha n'a pas de tickets. Je lui hurle presque d'aller chercher un des pass chez une namuroise. Elle bugue un peu avant de taper le sprint du siècle pour retrouver Marie et Caro et s'emparer d'un des deux précieux. Après qu'elle soit revenue avec le trophée en main, nous nous dirigeons vers la sécurité comme on nous l'a indiqué. Totalement perdue, je leur demande en français, anglais, néerlandais ce que nous sommes censées faire. Attendre ? Bon ...
20 minutes plus tard (peut-être plus, peut-être moins), un homme vient nous chercher pour nous amener vers l'arrière-scène. On le suit, on a rien d'autre à faire de toute façon. Je ne pense plus et me dit qu'on va surement venir m'annoncer que j'ai juste droit à un Coca dans une pièce pendant quelques minutes pour après bien vouloir gentiment quitter les lieux. Mais plus on s'enfonce dans les dédales de Forest National, plus mon espoir grandit. Une première salle, un couloir, une deuxième salle et je lis une pancarte m'indiquant que c'est l'endroit où les artistes se posent avant et après un concert. Le gars nous montre une pièce dont nous ne voyons pas encore l'intérieur, nous indique de nouveau quelque chose avec « drink » et « band », il s'en va. On n'ose pas avancer mais nos gestes se font mécaniquement. Nous nous trouvons maintenant à l'embrasure de la porte et buguons complètement. Oasis se trouve devant nous, assis tranquillement sur des fauteuils noirs, bières et cigarettes à la main. Okay, Asma, calme. Tout ça est tout à fait normal étant donné que tu rêves. C'est toujours bizarre, improbable un rêve ...
Juste, je suis censée dire quoi, faire quoi ? Et comme dans un rêve, Liam Gallagher lève la tête, nous salue joyeusement (je réponds ce que je peux) et nous invite à nous servir à boire dans le frigo. N'étant pas fan de la bière, j'opte pour un « Diet Coke » et vais me rasseoir, tremblante. On cause avec Liam, on lui pose des questions, et lui fait pareil. C'est juste surréaliste. Une fois qu'on a plus rien à se dire, je me tourne vers la bassiste de la première partie et lui pose quelques questions sur le concert, comment son groupe a réussi à faire la première partie d'un groupe comme Oasis, ses études, s'il les continue, on parle musique, magasines et interviews pendant une dizaine de minutes (peut-être plus, je n'avais plus vraiment la notion du temps). Ensuite, le batteur nous demande si nous n'étions pas par hasard au premier rang. Sure ! Je suis fière de moi d'avoir tenu une conversation dans la langue de Shakespeare dans un état pareil. Comme nous sommes là et que je suis consciente que ça n'arrivera pas une deuxième fois, on fait des photos et on fait signer des autographes agrémentés d'un petit mot gentil de leur part (qu'ils nous serons finalement sur un exemplaire de la setlist). On reste encore un peu dans le fauteuil à halluciner. J'essaye d'écouter et surtout de comprendre de quoi parlent les deux groupes entre eux. « T 'as déjà été au Japon ?! », « Ouais, demain on joue en Allemagne » ... Toujours aussi normal, quoi. Nice !
C'est ce moment que choisit mon père pour me ramener à la réalité à l'aide d'un appel durant lequel il n'a fait que me gueuler dessus. Je n'écoutais pas vraiment, trop dans un autre monde. Bon, j'avoue que je l'ai un peu laissé pendant 1h30 à m'attendre dehors ... Ma tête était ailleurs et je n'avais pas pensé à le prévenir de ma petite escapade improvisée. A contre c½ur, nous allons remercier le groupe. Liam nous demande pourquoi on s'en va « My father's angry, sorry ». Il me serre la main, me fait la bise et me prend dans ses bras. Wow ... Même scénario avec le chanteur de Twisted Wheel ainsi qu'avec les 10 autres personnes présentes. A chacun, je lance un joyeux « Nice to meet you » qu'ils me rendent avec un grand sourire. Un dernier regard en arrière et nous laissons ce petit rêve derrière nous. Nous quittons la pièce et faisons le chemin à contre-sens pour retrouver l'extérieur. Retour brusque à la réalité mais les étoiles plein les yeux, une putain de chance et des souvenirs indélébiles ...

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 11:46

Rêver ... Encore un peu, juste une seconde de plus.

Rêver … Encore un peu, juste une seconde de plus.

Un jour d'hiver ou plutôt devrais-je dire, une nuit glacée de fin de mois de décembre. L'aube d'une nouvelle année se lève avec ses hauts et surtout, ses bas. Il est venu le temps des bonnes résolutions, des remises en question, de la fête, de l'alcool et de l'oubli. D'un pas, on voudrait tout laisser derrière soi. Oublier pour mieux avancer. Alors, elle avance dans cette rue déserte. Il est aux environs de 3h00 du matin. L'effervescence de cette nuit de transition ayant quitté son c½ur, la jolie blonde marche les mains dans les poches, le regard dirigé vers le sol immaculé de blanc. Vêtue d'une robe noire dessinant sa silhouette parfaite, elle rebrousse chemin jusque chez elle. Lorsqu'elle poussera la porte de son appartement de la banlieue chic londonienne, le retour à la réalité fera sa brusque apparition pour ne plus s'échapper que 365 jours plus tard le temps d'un décompte chanté à l'unisson. Un banal changement de chiffre, une vitesse supérieure, de nouvelles envies, de nouvelles attentes accompagné de son lot de déception, des projets neufs à réaliser ou à concrétiser, des rêves novices, extraordinaires mais auxquels on veut croire. Se rattacher à un idéal pour ne pas se laisser emporter dans la tempête impitoyable de la vie.

Laissez-la rêver encore un peu, juste une seconde de plus dans ce silence de glace.

Son bonnet visé sur la tête, de la buée s'échappe de sa bouche comme une volute de fumée fuyant la chaleur d'un feu de bois allumé dans la chemine pour réchauffer les c½urs. Elle sourit en repensant aux événements de cette soirée en compagnie de ceux et celles qu'elle aime. Elle sourit en se remémorant les mille et unes étreintes de joie, cette euphorie, ces sourires, ces fous-rires. Ces quelques heures où rien ne pouvait lui arriver tant l'atmosphère régnante était sécurisante. Ces quelques heures de bonheur et d'illusion d'une existence parfaite. Elle se repassait sans cesse ces images et prenait soin d'effacer au passage celle du bel inconnu qui lui fit rater quelques battements lors de son entrée dans la pièce. Celui dont le regard hypnotisant aurait pu lui arracher quelques larmes tant il était intense, profond et mystérieux. Elle aurait pu s'y noyer sans jamais remonter à la surface. Et ces lèvres, si rondes, si belles, si pulpeuses qu'on osait y toucher de peur de s'y brûler. Elles semblaient sucrées, ponctuées d'un zeste de gout de paradis, un fruit défendu tout comme le reste de son être. Malgré ces efforts, elle ne parvenait pas à déterminer la nature de ce jeune homme. Sublime, énigmatique, aguicheur de par son sourire, mais surtout si irréel perdu dans cette foule affligeante de banalité. Tout paraissait fade, sans vie autour de lui tant son charisme dégageait quelque chose de fort. Sa présence bien que discrète et posée écrasait celle des personnes se trouvant dans son sillage et une attraction indescriptible émanait de ce corps svelte aux jambes infinies que l'on pouvait deviner fines au possible à travers son pantalon moulant. Pour l'avoir observé toute la soirée du coin de l'½il, sa mémoire avait enregistré tout ce dont elle fut capable lors de sa contemplation. Son visage angélique, ses traits fins à la limite de la perfection, ses yeux entourés de noir rendant son regard d'autant plus perçant, son nez aquilin, son profil parfait d'où rien ne dépassait, dont les proportions semblaient avoir été mesurées afin de créer une entité exquise de sensualité. Tantôt rieur, tantôt rêveur, il lui fut impossible de cerner les facettes de sa personnalité tant elles étaient multiples. Les insondables et impénétrables fosses de son intérieur cachaient, elle en était persuadée, des milliers de trésors à découvrir. Résoudre l'énigme de ce corps des heures, des jours, des semaines, des années durant, sans s'en lasser. Etre surprise au détour d'une découverte alors qu'elle pensait tout connaître de lui.

Elle ne pouvait que se taire face au summum de la beauté. Alors, à défaut de mots, elle admirait. En silence, elle se souvenait, retraçait afin de recréer l'illusion parfaite d'un être parfait. Comme s'il était encore en face d'elle. Comme si elle pouvait encore rêver un peu, juste quelques secondes.

Pourtant elle était là, seule, dans le froid sec et ardu de l'hiver anglais. De plus, elle avait oublié de se munir de son lecteur MP3 dont elle ne se séparait jamais. Celui qui l'accompagnait lors de ses marches solitaires qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige. Alors, pour s'évader, elle chantonne un air entrainant afin de tenter de réchauffer son esprit et écourter la durée de sa marche. Mais malgré ses efforts, ses pensées se retournent toujours vers lui. Il aura suffit de quelques heures pour qu'il accapare sa conscience et qu'il monopolise ses rêves éveillés. Elle en était à la moitié du chemin, le temps ne passait pas et la température ambiante n'aidait en rien. Un rire nerveux passa la barrière de ses lèvres couvertes de beurre de cacao tant elle se trouvait ridicule de fantasmer sur cet ange qu'elle n'aurait en aucun cas. Le reverrait-elle seulement jamais ? Cet être irréel, sorti d'un conte de fée. Ces histoires qui n'existent que dans l'esprit des gens naïfs. Elle, ça faisait longtemps qu'elle ne l'était plus, elle avait tourné la dernière page du livre et l'avait refermé pour le ranger au chaud sur une étagère oubliée.
C'est ce moment que choisit le destin pour lui montrer qu'elle avait peut-être tort de ne plus y croire. Au loin, elle entendit des pas précipités qui se dirigeaient, sans aucun doute, dans sa direction. Intriguée, elle fit balader son regard autour d'elle sans pour autant trouver l'origine de ce bruit . Elle se retourna et plissa les yeux : une silhouette s'avançait vers elle, se rapprochant de plus en plus vite. Son c½ur commença à cogner plus fort contre sa tempe bien qu'elle ne puisse pas encore distinguer à qui elle appartenait . Elle n'avait pas peur, seul un espoir inespéré prit place au fond d'elle et gonfla son c½ur. Soudain, la silhouette s'arrêta, à portée de main mais trop loin encore. De nature curieuse, Caroline emboita le pas pour se rapprocher de cet individu au comportement étrange. Aussi curieux que cela puisse paraître, elle était attirée par celui qui se tenait immobile à quelques mètres d'elle. Bien qu'il s'y était peu à peu habituée, la nuit noire brouillait la vision de la grande blonde aussi bien qu'elle continuait de s'approcher méfiante mais déterminée.

"Hey, je suis content d'avoir réussi à te rattraper "


Et même si tout ça n'est qu'une illusion, laissez-la encore rêver un peu, juste quelques secondes. Laissez-la contempler, admirer.

Il était là, droit et fier devant elle. Grand, beau, que dis-je, sublime – et le mot est faible- dans ses habits près du corps. Ses longs cheveux noirs ébènes tombaient en un lissage parfait sur ses épaules, son t-shirt noir lui aussi laissait deviner, tout comme son jeans moulant, sa ravissante minceur. Aux pieds, il portait de simples baskets qui lui donnait un air relax contrastant avec son attitude plutôt maniérée sans pour autant tomber dans le ridicule. Sa carrure peu imposante était rattrapée par son charisme impressionnant. Ca ne pouvait pas rater, on ne voyait que lui, qu'il soit seul devant vous ou perdu dans une foule compacte et bruyante. Sa présence effaçait celle de tout élément extérieur, sa personne brillait devant les yeux verts de Caroline, tout était flou autour lui. Il n'y avait que lui. Et elle. Sur cette route enneigée.

Caroline pouvait à présent distinguer les yeux du bel inconnu planté dans les siens. Et tout recommença alors. Les sensations revinrent, les frissons, l'admiration, l'envie. Elle en eut le souffle coupé. Si bien qu'elle dut reprendre sa respiration plus bruyamment qu'elle ne l'aurait voulu. D'un coup, son torse se bomba dans l'espoir de reprendre quelques bribes d'air nécessaires à sa survie. Juste le stricte minimum car elle aurait pu mourir devant tant de beauté. Alors qu'elle essayait de comprendre où elle était, sa main se dirigea sans qu'elle s'en rende compte vers le visage illusoire de ...

"Comment tu t'appelles au fait ? "


Prenant conscience de son geste, elle se ressaisit, secoua la tête et détourna le regard. Elle n'avait pas encore dit mot qu'il attrapa doucement sa main gelée pour la réchauffer entre les siennes. Tandis que son regard se replongea dans celui du bel inconnu, celui-ci lui adressa un sourire en coin et porta ses main à sa bouche afin de souffler dessus et ainsi y rétablir la chaleur qu'elles comportaient en quittant la fête il y a une heure, peut-être deux, elle ne savait plus ... Le temps s'était comme figé dans cet océan de glace et bien que le vent aie cessé de souffler, Caroline grelottait. Le ténébreux aux traits parfaits s'en rendit compte et l'attira d'un geste délicat vers lui. Prise au dépourvu, elle ne sut pas comment réagir. Elle n'osait pas le toucher ni passer ses bras autour de sa taille fine de peur qu'il disparaisse d'un coup, sans prévenir. Pourtant, il était bien là, contre elle, son c½ur battant au même rythme que le sien. A la même cadence infernale. Ses mains caressaient son dos comme pour la rassurer, lui montrer qu'il était là, bien là, à ses côtés. A ce moment, les mots n'étaient qu'une futilité, inappropriés pour décrire ce qu'ils ne pouvaient raconter. Caroline leva lentement la tête pour vérifier la véracité de ce moment. Après tout, peut-être qu'elle rêvait. Elle en faisait tellement des rêves éveillés, un de plus ou un de moins ... Elle réitéra son geste afin de vraiment s'assurer qu'il n'était pas qu'une illusion. Il ne pouvait pas l'être ...

"Caroline, je m'appelle Caroline "


Il sourit. Un sourire à vous couper le souffle. Il réagissait à ses paroles, il était donc bien là. Elle supplia le bon Dieu de ne pas la réveiller, pas maintenant, il fallait qu'elle rêve encore un peu, juste quelques secondes. Timidement, ses yeux charbonneux dévièrent vers les moindres recoins de son visage. Elle contempla à son tour cette gueule d'ange, profitant de chaque seconde qui lui était impartie. Ils s'observaient mutuellement comme pour percer quelque chose d'impénétrable. Comprendre le pourquoi de cette attirance inexpliquée. Cette osmose énigmatique. Elle ne voulait pas savoir pourquoi il l'avait suivie, il l'avait fait et c'était tout ce qui importait. Caroline ne bougeait toujours pas, elle refusait de briser ce mouvement à cause d'un geste mal placé, d'une phrase inconsidérée, même son souffle restait sous son contrôle le plus soigneux. Elle craignait tant de le voir disparaître ...

Ses bras se révélaient être le meilleur endroit qu'elle n'avait jamais visité depuis bien longtemps. Un havre de paix qu'elle aurait voulu ne jamais quitter. Durant le temps que perdura l'étreinte, elle ne pensait plus à rien et se laissait simplement bercer par la chaleur et le bien-être qui émanait de ce corps. Il passait de temps en temps ses mains dans ses longs cheveux blonds alors que sa tête reposait paisiblement contre son torse. Son oreille placée contre son c½ur lui permit de l'entendre battre ce qui lui arracha un sourire. Est-ce qu'un rêve galope aussi rapidement que le c½ur battant dans ce corps ? A cette pensée, elle effleura sa veste à l'endroit précis où il se trouvait et rigola, soulagée.

"Tu n'es pas un rêve"


Il lui rendit son sourire. Ce merveilleux sourire. Après avoir replacé une mèche de cheveux, il passa une de ses mains sur son visage et fit courir ses doigts sur ses joues. Lentement, il avança son visage vers le sien pour venir tendrement caresser ses lèvres. De prime abord, Caroline crut mourir mais plus le baiser se renforçait, plus elle y prit goût. Elle inspira très fort, et se colla contre lui d'un geste à la fois brusque et fragile. Elle goûtait, savourait, s'imprégnait de cette sensation de plenitude. Dès les premières secondes elle sut qu'elle ne s'en lasserait jamais. A partir du moment où leurs lèvres se sont rencontrées, Caroline sut que c'était lui. Celui qui lui avait prit son c½ur. Cependant, le baiser resta en surface. C'est à contrec½ur mais les étoiles plein les yeux qu'ils se séparèrent l'un de l'autre, haletants. Leurs mains se quittèrent elles aussi laissant pour compte leur doigts transis de froid.

"Tu t'en vas ?"


Il ne répondit pas et se contenta simplement de lui adresser un sourire

"S'il te plait, garde-le ou détruis-le mais ne me le rend pas, ce serait pire que tout. "

"Dans ce cas, j'en prendrais soin, ne t'inquiètes pas. "



And when you left you kissed my lips. You told me you never, never forget these images. No.


Goodbye my almost lover. Goodbye my hopeless dream.



Elle avait rêvé, encore un peu, juste quelques secondes de plus.

# Posté le mardi 23 décembre 2008 16:53

#. I cleanin' out my closet

Il y a des moments où j'aimerais ne pas être moi, être quelqu'un d'autre. N'importe qui, juste pour essayer, voir ce que ça fait. Puisqu'on dit toujours « Ca n'arrive qu'aux autres » « J'ai jamais de chance ». Si j'étais quelqu'un d'autre, tu crois que j'en aurais eu ? Peut-être. Rien que pour ça, je me demande ce que cet autre a de plus ou de moins que moi. Pourquoi elle ? Pourquoi pas moi ? Le destin, la chance ou alors Madame la Moquerie qui se joue de nous, nous faisant languir autant qu'elle le pourra ?
Les questions métaphysiques, c'est prise de tête. Qu'est-ce que je fous là ? Je suis censée faire quoi , Et ci et ça ... J'ai rien demandé à personne, laissez-moi faire ma vie comme je l'entends puisque vous m'avez de toute façon obligé à être ici, ou là peu importe, paumée la plupart du temps. Au fait, vous, vous êtes qui ? Vous me voulez quoi ? Vous en avez pas marre, vous là ... oui vous, vous en avez pas marre de vous amusez avec mon destin ? De jongler avec mes envies et mes espoirs ? Vous ne savez même pas jongler, vous les faites toujours tomber par terre vos balles. Et puis, ça fait mal quand ça s'écrase au sol vous savez. Alors, au lieu, de continuer obstinément à vouloir tenir le sort de ma vie entre vos mains, lâchez les balles une bonne fois pour toute et allez-vous en. Les dégâts sont déjà assez conséquents comme ça.
Il y en a même qu'on ne répare pas.

Si je devais retourner en arrière ? Recommencer tout ? Jamais, vous êtes fou ? Revivre tout ça, plutôt crever ouais. Il y a tant de choses qu'on aimerait ne jamais revivre, pour rien au monde. Les balles qui tombent au sol, comme des promesses qu'on aurait abandonnées faute d'envie. Parce que « c'est plus pareil ». Les gens changent, les blessures restent. Un peu comme ce proverbe qui dit « Les mots s'envolent, les écrits restent ». En effet, ces mots que je couche sur ce papier, encore vierge il y a de cela quelques minutes, resteront pour toujours. Quelle aubaine, je vous laisse le loisir de vous moquez de moi pour l'éternité.

J'aimerais revivre ces moments : 4 mai 2007, 13-14 octobre 2007, 2 février 2008, 8 février 2008, 2-3 mars 2008(malgré tout), 21 juin 2008, 12-13 juillet, 26 septembre 2008, Toussaint 2008. Découverte de la fascination, la tentation, l'hésitation et enfin la révélation. Les rencontres, larmes de joie ou de bonheur de colère aussi, sourires, rires, fou-rires, étreintes, rêves, espoirs ...

Car c'est tout ça, finalement, qui me fait vivre, qui me permet d'avancer et ne pas baisser les bras une bonne fois pour toute.

On oublie jamais rien, on vit avec.

# Posté le samedi 13 décembre 2008 16:45

Et si un jour on pouvait s'en aller. On pourrait bien enfin s'envoler.

Et si un jour on pouvait s'en aller. On pourrait bien enfin s'envoler.

Coucou tout le monde !
C'est Alex :) Je sais, je fais pas beaucoup d'article (n'est-ce pas Sam v.v) mais là je vous ai écris une petite nouvelle =) (Enfin, je l'ai plus écrite pour moi, mais chuut é_è) Avant que vous ne me fassiez TOUS la remarque, OUI, je me suis très très très très (...) fortement inspirée du film "Jeu d'Enfants". C'est un des mes préférés, si pas LE best of the best alors bon, ça peut se comprendre x) Enfin bref, voilà, dites moi ce que vous en pensez ^^ Ca fait longtemps que je n'ai plus écrit, j'espère que ça ne va pas se sentir =P Bonne lecture.
Ah, & j'oubliais x) Je l'ai écrite en écoutant Sleep de The Dandy Warhols et cette chanson colle parfaitement avec l'univers que j'ai essayé (je dis bien essayé) de faire passer dans cette histoire, donc je vous conseille de l'écouter en lisant ;-)
Bisou l'poeple <3

*****


xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle :.

Dix ans. Dix ans aujourd'hui que je ne le connais plus. Nous sommes nés le même jour, dans le même hôpital, au même étage, presque à la même heure.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Dix ans. Dix ans sans elle. Dix ans sans vie. Bercé dans les souvenirs d'une enfance parfaite. Chaque jour, chaque heure, chaque instant, me l'imaginer, de peur de l'oublier.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle :.

Je me souviens de ce jour. Ce jour, qui me hante. Ce regard, qui me transperce. Le connaître à c½ur et le savoir du bout des lèvres. Être lui autant que moi.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Et être elle autant que moi. La deviner et la protéger. Sentir le moindre de ses faits et gestes. Je revois notre bulle éclater, et le monde s'effondrer.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle :.

Dix ans, trois heures et 38, 39, 40 secondes. Je m'arrête, et lève la tête. Il sait que j'ai le vertige. Mais il sait que je le ferai pour lui. Le fera t-il ? Aura-t-il tenu notre promesse ? Je monte, monte, jusqu'au dernier étage. Il n'y a personne, étrangement. Joli hasard. Ou pure ironie du sort, que d'être seule, encore et toujours. Je m'accroche à la barrière, et avance lentement, sans regarder vers le bas. Je m'appuie sur le rebord, et ferme les yeux. S'il ne venait pas.. Il viendra. Je le sais. Je le sens.

xxxxx- « Je savais que tu n'aurais pas pu oublier. » lui dis-je.

Je n'ouvre toujours pas les yeux, ne voulant pas voir la vue bien trop haute pour moi, bien que la Tour Eiffel m'ait toujours étrangement attirée. Paradoxal, non ? Je m'y sens bien, les yeux fermés. Comme une agréable impression de planer. Je le sens s'appuyer à son tour, à côté de moi, fixant l'horizon. Et, sans le voir, je sais qu'il sourit. Je sais. Et il sait. C'est ainsi, depuis toujours. Sa voix grave me parvient enfin.

xxxxx- « Pas une seule seconde ne s'est écoulée sans que j'y pense, p'tite s½ur. »

Il a mué. C'est normal, me direz-vous. En dix ans, les personnes changent. Trop, peut-être. Petite s½ur. Je souris, à mon tour. Ça l'amusait beaucoup, avant, de m'appeler ainsi. La minuscule heure qui nous séparait était à l'origine de ce nom. Nous étions tous deux enfants uniques, et agissions comme de réels jumeaux. Notre ressemblance souvent frappante laissait croire à quiconque nous voyant que nous étions bel et bien frères et s½urs. Mais il faut bien avouer que le regard des autres n'existait pas pour nous. Notre monde était à part, vous comprenez. Personne, personne n'aurait osé s'interposer entre lui et moi. On se savait par c½ur. Jusqu'à nos dix ans, nous avons eu le temps de vivre bien des choses. Dont certaines faisant partie de celles qui ne sont expérimentées qu'à l'adolescence. Ensemble, rien ne nous faisait peur. Nous testions, nous découvrions, nous rêvions. Peut-être grandissions-nous trop vite. C'était notre vie, à nous. Ce nous qui n'était qu'un.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Elle est bel et bien là. Le Vertige lui ferme les yeux. Pourtant, je sais qu'elle aime venir ici. Elle a toujours été comme ça. En tout cas, il y a dix ans. Elle est devenue encore plus belle. Ses longs cheveux noirs sont désormais coupés court. Ma petite s½ur est devenue grande.

xxxxx- « Je savais que tu n'aurais pas pu oublier. » me dit-elle.

Je souris. Si elle savait. M'adapter au monde réel n'était pas rien. Jamais, jamais je n'ai pu trouver l'équilibre, qui n'en était peut-être pas un, que j'avais avec elle. Le silence est notre mode de communication. Ça l'a toujours été. Je lis en elle, les yeux fermés. Tout comme elle voit en moi. Les mots sont facultatifs. Mais, c'était il y a dix ans. Et si elle avait prit un chemin tout autre, maintenant ? Si je ne la connaissais plus ? Bizarrement, l'étage est vide. Comme si tout Paris s'était calmé. Pour elle et moi.

xxxxx- « Pas une seule seconde ne s'est écoulée sans que j'y pense, p'tite s½ur. »

Elle sourit. Ses fossettes me rappellent la petite fille d'avant. Avant. Je n'aime pas les temps. Le passé me rend nostalgique, le présent est vide et le futur me fait peur. Peur d'être sans elle, encore une fois. Je ne sais même plus qui a commencé. Pourtant, ce jour là, nous étions d'accord. Comme toujours.

xxxxx- « Je n'aime pas ce que tu es devenu, tu sais. » relance t-elle.

Je baisse les yeux. Oui, oui je sais. Je suis ce que nous détestions. Mais c'est à cause de toi. De toi seulement. A cause de toi..

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle :.

Depuis ce jour, je n'ai cessé de suivre sa vie. Du mieux que je pouvais, évidemment. Me retrouver seule, sans lui, ne fût pas quelque chose de facile. J'ai du apprendre à rencontrer d'autres personnes. Apprendre à vivre une amitié plate et sans intérêt à mes yeux, comparé à ce qui nous lie, lui et moi. Apprendre les règles du jeu, de la vie normale. Mais au final, j'ai laissé tomber. Je n'y arrive pas. Sans lui, je ne suis plus rien. Alors pendant dix ans, je n'ai pas existé. J'ai pu connaître quelques instants de sa vie, par tel ou tel moyen. Il m'a déçue.

xxxxx- « Je n'aime pas ce que tu es devenu, tu sais. » dis-je.

Pour une fois, je n'essaye pas de savoir ce qu'il pense. Je veux qu'il m'explique. Je veux savoir. Je veux comprendre. J'en ai besoin. Besoin du véritable lui, et non pas du faux qu'il s'est construit.

xxxxx- « Ce que je suis devenu ? Mais je ne suis plus rien, plus rien ! Celui que je suis n'existe pas. Tu le sais. Tu vois, tu étais mon seul repère. Pendant dix ans, je n'en ai plus eu. J'ai du en trouver d'autres. Tous superficiels. Ma vie n'est qu'un mensonge. C'est un brouillon, avant de recommencer. C'est sale et ça ne vaut rien. Rien comparé à toi. Comparé à nos souvenirs. Tout est tellement faux que j'en vomis le soir. Personne ne me connait, et je ne connais personne. J'haïs chacun de ceux que j'ai côtoyés. Ton absence était la propre cause de ma déchéance. Tu m'as détruit autant que je t'ai détruite. Mon monde est vide et sans couleur, entouré de murs aussi fades les uns que les autres, m'empêchant d'en sortir. Tu vois, la seule pensée qui me tient debout est notre promesse. Promesse qu'on a aujourd'hui tenue. Alors, qu'est-ce qu'on devient ? »

Je sais qu'il me regarde, mais je ne peux ouvrir les yeux. Je le sens trembler contre moi. Je me mords la lèvre, espérant qu'il ne voit pas cette larme couler le long de ma joue. Il fait froid. Je ne sens plus mes doigts sur la rampe, et ne peux les bouger. Oui, je le savais. Mais j'avais besoin de l'entendre. Je voulais en être sûre. Il a échappé à la vie en jouant un rôle, tout comme j'y ai échappé en disparaissant. Seuls, la vie nous enferme. Ensemble, on en transforme les règles. A ce moment là, l'existence devient un jeu dont nos sommes maître. Alors, qu'est-ce qu'on devient ? Ce que nous avons toujours été. Ce que nous avions perdu, mais que nous retrouverons.

xxxxx- « Dix ans.. » souffle t-il face à mon silence.
xxxxx- « Dix ans c'est beaucoup trop long. » lui dis-je.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Comme je l'ai dis, je ne sais pas qui a commencé. Je ne chercherai pas à savoir. Mais je me souviens encore.. « Je parie que tu ne tiendras pas dix ans sans me voir ! – Ah, tu crois ça ? Eh bien chiche. » C'était notre jeu. Tout était un jeu. Absolument tout. C'était la base de notre monde. Mais celui-là a sans doute été bien trop loin. Le lendemain, je partais. Ou elle partait, qu'importe. Notre dernier regard fût le pire. Pourtant, nous savions. Je savais ce qu'il allait ce passer. Elle aussi. Mais c'était le jeu. C'était la vie. On ne pouvait pas aller contre. Et dix ans après, jour pour jour, nous sommes ici. Au lieu promis. « Dans dix ans, au plus haut point de la Tour Eiffel. – Arrête, tu sais que j'ai le vertige.. – Pour moi, promet. – D'accord, je serai là. » Et elle est là.Je la regarde. Elle plonge sa tête dans ses mains, et se retourne brusquement vers moi. Je vois des larmes perler le long de ses joues, quand elle ouvre enfin les yeux. Ils ont éclaircis. Leur vert est encore plus intense qu'avant. Elle tremble, soutenant mon regard. Sa main bleuit sous la pression exercée sur la barrière.

xxxxx- « Je.. Je ne veux plus jouer. » murmure t-elle.
xxxxx- « Tu ne peux pas, p'tite s½ur. » Je souris.
xxxxx- « JE NE VEUX PLUS JOUER ! »

Elle essuie nerveusement sa joue, de sa main libre.

xxxxx- « Saute. » me dit-elle alors.
xxxxx- « Pardon ? »
xxxxx- « Tu ne veux pas arrêter ? Alors saute. SAUTE PUTAIN ! Vas-y, joue. C'est la vie, hein ? Allez, qu'est-ce que tu attends ? »

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle :.

Il me regarde. Ma voix tremble autant que mon corps. Le froid me transperce et glace mes doigts immobiles. Plus rien n'importe, maintenant. La place est vide. Et je lui donne l'ordre de sauter. J'oublie mon vertige un instant, mes idées se mélangent. Plus rien n'est clair. Je pense que je pleure. Et lui rigole. Puis il s'arrête et regarde en bas.

xxxxx- « D'accord » continue t-il.
xxxxx- « Alors je viens avec toi » lui dis-je, en lui prenant la main.

Je regarde à mon tour par-dessus la barrière. Ma tête tourne et je resserre ma main dans la sienne. Je me force à garder les yeux ouverts, et perds quelque peu l'équilibre. Je me penche, pour l'inciter à y aller. J'ai du mal à voir le sol, plus bas. Dans le fond, qu'ai-je a y perdre ? Rien. Je n'existe de toute façon pas. Mourir, cela doit être une sacrément belle aventure, disait Peter Pan. Nous ne sommes au final pas très différent de lui. A vivre dans le passé, on en a oublié le présent, sans même penser au futur. Le futur ne doit pas exister. Non. Je ne veux pas gâcher les années que nous avons passées. Je souris et le regarde. Et je vois, pour la première fois de ma vie, de la peur au fond de ses yeux.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Mais qu'est-ce que je fais ? Je n'arrive plus à comprendre la situation. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le jeu a remplacé la vie qui n'existe plus. La notion du réel m'échappe. Je sens sa main me tirer. Elle me sourit. Non. Je recule et la lâche.

xxxxx- « Tu m'as promis de ne jamais lâcher ma main. Tu me l'as promis. Ne me laisse pas » chuchote-elle.
xxxxx- « Arrête. ARRÊTE ! »
xxxxx- « Tu m'as dis qu'on n'arrêtait pas, alors qu'est-ce que tu attends ? Dis-moi ! DIS-MOI ! » crie-t-elle.
xxxxx- « Stop, stop. Tu deviens complètement folle. On descend. »
xxxxx- « NON ! On ne descend pas. Reste. C'est toi, qui me rends folle ! Tu ne comprends donc pas ? On ne peut pas faire autrement. On est fichu, grand frère. » Elle rigole.« Pour arrêter le jeu, il faut arrêter la vie. » me répond-elle.
xxxxx- « NON, Déconne pas.. D'accord, d'accord, on arrête ! Moi non plus, je ne veux plus jouer. On ne joue plus, c'est fini. Fini.. »

Elle me regarde, le visage rougi par le froid et les larmes. Elle tremble jusqu'aux lèvres. Mais je peux malgré tout y lire ce qu'elle dit.

xxxxx- « Oui. Oui, on ne joue plus. »
xxxxx- « Non, promis. »

Je l'ai détruite comme elle m'a détruit. Ces dix années l'un sans l'autre n'ont fait que nous achever. La vie est une garce, et au final, c'est elle qui joue avec nous. Elle s'amuse à nous faire souffrir, pariant sur notre chute. La vie et la mort sont aussi sournoises l'une que l'autre. Au final, on ne fait qu'y perdre.

xxxxx- « Tu sais, je pouvais plus, sans toi. J'ai vécu les pires années de mon existence, qui n'en était pas une. Mais oui, au final, qu'est-ce qu'on devient ? » Me demande-t-elle.
xxxxx- « J'en sais rien. Pas grand-chose, sans doute. Mais pas grand-chose à deux, c'est déjà mieux que seul. «
xxxxx- « Au fond, qu'on crève change rien » me répond-elle.
xxxxx- « Pour nous, oui, mais pour les autres, non »
xxxxx- « Chiche ? » me dit-elle en un sourire.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle & Lui :.

Il la tira par le bras en guise de réponse, dévalant les escaliers. Et deux jours plus tard, on annonçait la disparition de deux jeunes adultes de 20 ans. Personne ne sait s'ils sont morts. Mais ils sont à deux.

Parce que le jeu ne peut pas s'arrêter.


Alex_*

« Dix ans.. » souffle t-il face à mon silence.
xxxxx- « Dix ans c'est beaucoup trop long. » lui dis-je.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Comme je l'ai dis, je ne sais pas qui a commencé. Je ne chercherai pas à savoir. Mais je me souviens encore.. « Je parie que tu ne tiendras pas dix ans sans me voir ! – Ah, tu crois ça ? Eh bien chiche. » C'était notre jeu. Tout était un jeu. Absolument tout. C'était la base de notre monde. Mais celui-là a sans doute été bien trop loin. Le lendemain, je partais. Ou elle partait, qu'importe. Notre dernier regard fût le pire. Pourtant, nous savions. Je savais ce qu'il allait ce passer. Elle aussi. Mais c'était le jeu. C'était la vie. On ne pouvait pas aller contre. Et dix ans après, jour pour jour, nous sommes ici. Au lieu promis. « Dans dix ans, au plus haut point de la Tour Eiffel. – Arrête, tu sais que j'ai le vertige.. – Pour moi, promet. – D'accord, je serai là. » Et elle est là.Je la regarde. Elle plonge sa tête dans ses mains, et se retourne brusquement vers moi. Je vois des larmes perler le long de ses joues, quand elle ouvre enfin les yeux. Ils ont éclaircis. Leur vert est encore plus intense qu'avant. Elle tremble, soutenant mon regard. Sa main bleuit sous la pression exercée sur la barrière.

xxxxx- « Je.. Je ne veux plus jouer. » murmure t-elle.
xxxxx- « Tu ne peux pas, p'tite s½ur. » Je souris.
xxxxx- « JE NE VEUX PLUS JOUER ! »

Elle essuie nerveusement sa joue, de sa main libre.

xxxxx- « Saute. » me dit-elle alors.
xxxxx- « Pardon ? »
xxxxx- « Tu ne veux pas arrêter ? Alors saute. SAUTE PUTAIN ! Vas-y, joue. C'est la vie, hein ? Allez, qu'est-ce que tu attends ? »

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle :.

Il me regarde. Ma voix tremble autant que mon corps. Le froid me transperce et glace mes doigts immobiles. Plus rien n'importe, maintenant. La place est vide. Et je lui donne l'ordre de sauter. J'oublie mon vertige un instant, mes idées se mélangent. Plus rien n'est clair. Je pense que je pleure. Et lui rigole. Puis il s'arrête et regarde en bas.

xxxxx- « D'accord » continue t-il.
xxxxx- « Alors je viens avec toi » lui dis-je, en lui prenant la main.

Je regarde à mon tour par-dessus la barrière. Ma tête tourne et je resserre ma main dans la sienne. Je me force à garder les yeux ouverts, et perds quelque peu l'équilibre. Je me penche, pour l'inciter à y aller. J'ai du mal à voir le sol, plus bas. Dans le fond, qu'ai-je a y perdre ? Rien. Je n'existe de toute façon pas. Mourir, cela doit être une sacrément belle aventure, disait Peter Pan. Nous ne sommes au final pas très différent de lui. A vivre dans le passé, on en a oublié le présent, sans même penser au futur. Le futur ne doit pas exister. Non. Je ne veux pas gâcher les années que nous avons passées. Je souris et le regarde. Et je vois, pour la première fois de ma vie, de la peur au fond de ses yeux.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Mais qu'est-ce que je fais ? Je n'arrive plus à comprendre la situation. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le jeu a remplacé la vie qui n'existe plus. La notion du réel m'échappe. Je sens sa main me tirer. Elle me sourit. Non. Je recule et la lâche.

xxxxx- « Tu m'as promis de ne jamais lâcher ma main. Tu me l'as promis. Ne me laisse pas » chuchote-elle.
xxxxx- « Arrête. ARRÊTE ! »
xxxxx- « Tu m'as dis qu'on n'arrêtait pas, alors qu'est-ce que tu attends ? Dis-moi ! DIS-MOI ! » crie-t-elle.
xxxxx- « Stop, stop. Tu deviens complètement folle. On descend. »
xxxxx- « NON ! On ne descend pas. Reste. C'est toi, qui me rends folle ! Tu ne comprends donc pas ? On ne peut pas faire autrement. On est fichu, grand frère. » Elle rigole.« Pour arrêter le jeu, il faut arrêter la vie. » me répond-elle.
xxxxx- « NON, Déconne pas.. D'accord, d'accord, on arrête ! Moi non plus, je ne veux plus jouer. On ne joue plus, c'est fini. Fini.. »

Elle me regarde, le visage rougi par le froid et les larmes. Elle tremble jusqu'aux lèvres. Mais je peux malgré tout y lire ce qu'elle dit.

xxxxx- « Oui. Oui, on ne joue plus. »
xxxxx- « Non, promis. »

Je l'ai détruite comme elle m'a détruit. Ces dix années l'un sans l'autre n'ont fait que nous achever. La vie est une garce, et au final, c'est elle qui joue avec nous. Elle s'amuse à nous faire souffrir, pariant sur notre chute. La vie et la mort sont aussi sournoises l'une que l'autre. Au final, on ne fait qu'y perdre.

xxxxx- « Tu sais, je pouvais plus, sans toi. J'ai vécu les pires années de mon existence, qui n'en était pas une. Mais oui, au final, qu'est-ce qu'on devient ? » Me demande-t-elle.
xxxxx- « J'en sais rien. Pas grand-chose, sans doute. Mais pas grand-chose à deux, c'est déjà mieux que seul. «
xxxxx- « Au fond, qu'on crève change rien » me répond-elle.
xxxxx- « Pour nous, oui, mais pour les autres, non »
xxxxx- « Chiche ? » me dit-elle en un sourire.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle & Lui :.

Il la tira par le bras en guise de réponse, dévalant les escaliers. Et deux jours plus tard, on annonçait la disparition de deux jeunes adultes de 20 ans. Personne ne sait s'ils sont morts. Mais ils sont à deux.

Parce que le jeu ne peut pas s'arrêter.


Alex_*
éconne pas.. D'accord, d'accord, on arrête ! Moi non plus, je ne veux plus jouer. On ne joue plus, c'est fini. Fini.. »

Elle me regarde, le visage rougi par le froid et les larmes. Elle tremble jusqu'aux lèvres. Mais je peux malgré tout y lire ce qu'elle dit.

xxxxx- « Oui. Oui, on ne joue plus. »
xxxxx- « Non, promis. »

Je l'ai détruite comme elle m'a détruit. Ces dix années l'un sans l'autre n'ont fait que nous achever. La vie est une garce, et au final, c'est elle qui joue avec nous. Elle s'amuse à nous faire souffrir, pariant sur notre chute. La vie et la mort sont aussi sournoises l'une que l'autre. Au final, on ne fait qu'y perdre.

xxxxx- « Tu sais, je pouvais plus, sans toi. J'ai vécu les pires années de mon existence, qui n'en était pas une. Mais oui, au final, qu'est-ce qu'on devient ? » Me demande-t-elle.
xxxxx- « J'en sais rien. Pas grand-chose, sans doute. Mais pas grand-chose à deux, c'est déjà mieux que seul. «
xxxxx- « Au fond, qu'on crève change rien » me répond-elle.
xxxxx- « Pour nous, oui, mais pour les autres, non »
xxxxx- « Chiche ? » me dit-elle en un sourire.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle & Lui :.

Il la tira par le bras en guise de réponse, dévalant les escaliers. Et deux jours plus tard, on annonçait la disparition de deux jeunes adultes de 20 ans. Personne ne sait s'ils sont morts. Mais ils sont à deux.

Parce que le jeu ne peut pas s'arrêter.


Alex_*
« Dix ans.. » souffle t-il face à mon silence.
xxxxx- « Dix ans c'est beaucoup trop long. » lui dis-je.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Comme je l'ai dis, je ne sais pas qui a commencé. Je ne chercherai pas à savoir. Mais je me souviens encore.. « Je parie que tu ne tiendras pas dix ans sans me voir ! – Ah, tu crois ça ? Eh bien chiche. » C'était notre jeu. Tout était un jeu. Absolument tout. C'était la base de notre monde. Mais celui-là a sans doute été bien trop loin. Le lendemain, je partais. Ou elle partait, qu'importe. Notre dernier regard fût le pire. Pourtant, nous savions. Je savais ce qu'il allait ce passer. Elle aussi. Mais c'était le jeu. C'était la vie. On ne pouvait pas aller contre. Et dix ans après, jour pour jour, nous sommes ici. Au lieu promis. « Dans dix ans, au plus haut point de la Tour Eiffel. – Arrête, tu sais que j'ai le vertige.. – Pour moi, promet. – D'accord, je serai là. » Et elle est là.Je la regarde. Elle plonge sa tête dans ses mains, et se retourne brusquement vers moi. Je vois des larmes perler le long de ses joues, quand elle ouvre enfin les yeux. Ils ont éclaircis. Leur vert est encore plus intense qu'avant. Elle tremble, soutenant mon regard. Sa main bleuit sous la pression exercée sur la barrière.

xxxxx- « Je.. Je ne veux plus jouer. » murmure t-elle.
xxxxx- « Tu ne peux pas, p'tite s½ur. » Je souris.
xxxxx- « JE NE VEUX PLUS JOUER ! »

Elle essuie nerveusement sa joue, de sa main libre.

xxxxx- « Saute. » me dit-elle alors.
xxxxx- « Pardon ? »
xxxxx- « Tu ne veux pas arrêter ? Alors saute. SAUTE PUTAIN ! Vas-y, joue. C'est la vie, hein ? Allez, qu'est-ce que tu attends ? »

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle :.

Il me regarde. Ma voix tremble autant que mon corps. Le froid me transperce et glace mes doigts immobiles. Plus rien n'importe, maintenant. La place est vide. Et je lui donne l'ordre de sauter. J'oublie mon vertige un instant, mes idées se mélangent. Plus rien n'est clair. Je pense que je pleure. Et lui rigole. Puis il s'arrête et regarde en bas.

xxxxx- « D'accord » continue t-il.
xxxxx- « Alors je viens avec toi » lui dis-je, en lui prenant la main.

Je regarde à mon tour par-dessus la barrière. Ma tête tourne et je resserre ma main dans la sienne. Je me force à garder les yeux ouverts, et perds quelque peu l'équilibre. Je me penche, pour l'inciter à y aller. J'ai du mal à voir le sol, plus bas. Dans le fond, qu'ai-je a y perdre ? Rien. Je n'existe de toute façon pas. Mourir, cela doit être une sacrément belle aventure, disait Peter Pan. Nous ne sommes au final pas très différent de lui. A vivre dans le passé, on en a oublié le présent, sans même penser au futur. Le futur ne doit pas exister. Non. Je ne veux pas gâcher les années que nous avons passées. Je souris et le regarde. Et je vois, pour la première fois de ma vie, de la peur au fond de ses yeux.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Lui :.

Mais qu'est-ce que je fais ? Je n'arrive plus à comprendre la situation. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le jeu a remplacé la vie qui n'existe plus. La notion du réel m'échappe. Je sens sa main me tirer. Elle me sourit. Non. Je recule et la lâche.

xxxxx- « Tu m'as promis de ne jamais lâcher ma main. Tu me l'as promis. Ne me laisse pas » chuchote-elle.
xxxxx- « Arrête. ARRÊTE ! »
xxxxx- « Tu m'as dis qu'on n'arrêtait pas, alors qu'est-ce que tu attends ? Dis-moi ! DIS-MOI ! » crie-t-elle.
xxxxx- « Stop, stop. Tu deviens complètement folle. On descend. »
xxxxx- « NON ! On ne descend pas. Reste. C'est toi, qui me rends folle ! Tu ne comprends donc pas ? On ne peut pas faire autrement. On est fichu, grand frère. » Elle rigole.« Pour arrêter le jeu, il faut arrêter la vie. » me répond-elle.
xxxxx- « NON, Déconne pas.. D'accord, d'accord, on arrête ! Moi non plus, je ne veux plus jouer. On ne joue plus, c'est fini. Fini.. »

Elle me regarde, le visage rougi par le froid et les larmes. Elle tremble jusqu'aux lèvres. Mais je peux malgré tout y lire ce qu'elle dit.

xxxxx- « Oui. Oui, on ne joue plus. »
xxxxx- « Non, promis. »

Je l'ai détruite comme elle m'a détruit. Ces dix années l'un sans l'autre n'ont fait que nous achever. La vie est une garce, et au final, c'est elle qui joue avec nous. Elle s'amuse à nous faire souffrir, pariant sur notre chute. La vie et la mort sont aussi sournoises l'une que l'autre. Au final, on ne fait qu'y perdre.

xxxxx- « Tu sais, je pouvais plus, sans toi. J'ai vécu les pires années de mon existence, qui n'en était pas une. Mais oui, au final, qu'est-ce qu'on devient ? » Me demande-t-elle.
xxxxx- « J'en sais rien. Pas grand-chose, sans doute. Mais pas grand-chose à deux, c'est déjà mieux que seul. «
xxxxx- « Au fond, qu'on crève change rien » me répond-elle.
xxxxx- « Pour nous, oui, mais pour les autres, non »
xxxxx- « Chiche ? » me dit-elle en un sourire.

xxxxxxxxxxxxxxx.: Elle & Lui :.

Il la tira par le bras en guise de réponse, dévalant les escaliers. Et deux jours plus tard, on annonçait la disparition de deux jeunes adultes de 20 ans. Personne ne sait s'ils sont morts. Mais ils sont à deux.

Parce que le jeu ne peut pas s'arrêter.


Alex_*

# Posté le jeudi 17 avril 2008 16:09

Modifié le mardi 21 octobre 2008 12:51